Exposition Giacometti à la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence

Jusqu'au 31 Octobre 2010, à Saint-paul-de-Vence, la Fondation Maeght accueille cent soixante-dix oeuvres du maître, dont quatre-vingt-dix oeuvres majeures. Bronzes, plâtres, peintures et dessins, l'exposition réunit notemment les deux premières sculptures et les premiers tableaux de l'artiste.

Tous les jours jusqu'au 31 Octobre de 10h à 18h (jusqu'à 19h du 1er Juillet au 30 Septembre)

 

Homme qui marche

Reproduction de l'article de Nice Matin du 25 juin 2010:

Huit niches dans un mur blanc. Al'intérieur des figurines en plâtre peint, modelées sur un fragment de fil de fer. La plus modeste de ces silhouettes fait une douzaine de centimètres. Elle contient toute la puissance d'un Giacometti déjà diablement grand dans l'infiniment petit.

Ces maquettes avant la fonte sont l'une des divines surprises de l'exposition qui débute samedi 25 juin. Un clin d'oeil aussi à la sagacité d'Aimé Maeght, dont Giacometti disait en 1947, qu'il avait rencontré un galeriste assez fou pour financer le tirage en bronze de tous les projets qui s'entassaient dans l'atelier.

 

Giacometti et Maeght, c’est d’abord l’histoire de leur amitié, profonde. Parmi les 170 sculptures, peintures et dessins rassemblés pour l’été, beaucoup sont des cadeaux de l’artiste à la famille de son marchand. C’est le cas de L’Objet invisible, pointe sèche et dessin double face, que la Fondation Maeght n’avait encore jamais montré.

« Mon Alberto »

Isabelle, petite-fille d’Aimé Maeght et commissaire de l’exposition, résume son intention : »J’ai voulu raconter « mon » Alberto. » Un Alberto intime, saisi, « dans ses moments de douceur et de tendresse ». Une salle entière est ainsi consacrée aux portraits de ses proches. De grandes toiles sobres, en tension, où Giacometti a saisi l’âme de Marguerite Maeght, de Jean Genet, de son épouse Annette ou de sa maitresse Caroline, l’une de ces demoiselles de petite vertu dont il appréciait la compagnie. On reconnaît aussi son frère Diego, sur une œuvre prêtée par un collectionneur américain. Pour la petite histoire, le transport et l’assurance de ce tableau ont coûté plus de 120 000 euros. Ce qui donne une petite idée de la difficulté à monter une rétrospective de ce niveau.

« Artiste libre »

Les visiteurs se presseront devant « L’homme qui marche », dont un exemplaire s’est envolé à 74 millions d’euros, en Février, à Londres. Ils en découvriront également le tout premier projet, haut de 7 centimètres, refusé en 1959 par la Chase Manhattan Bank. Dans la même salle sont réunis les groupes sculptés (Forêt, Clairière ou Place), et neuf variantes de la Femme de Venise. Un ensemble impressionnant de qualité et de densité, autour des deux versions de la Grande femme debout, dont la plus haute culmine à 2,76 m.

Inhabituelles, les œuvres précoces révèlent un sculpteur cubiste, puis surréaliste. Celui d’avant la rupture, marquée par sa première collaboration avec la galerie Maeght. C’était en 1947, l’accès avait été interdit aux mineurs. Car d’autres artistes y présentaient des escargots vivants, une femme nue ou encore un crucifix, la tête en bas. Isabelle Maeght rapporte une anedocte restée célèbre dans la famille : « Ma grand-mère, terrifiée, avait demandé à un curé de bénir l’exposition ! »